Mardi 17 mars 2009
(Article publié par Iwacu Burundi)

14 mois après l’assassinat de la française Agnès Dury, la justice burundaise cherche toujours des pistes fiables. Pour y parvenir rapidement, elle va collaborer avec une équipe d’enquêteurs français.

L'ACF (Action contre la Faim) recharge les batteries de la coopération judiciaire franco-burundaise: " Des enquêteurs français se rendront d'ici peu au Burundi dans le cadre d'une commission rogatoire internationale […]", précise un récent communiqué de presse émanant de l'ONG française.

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  Mme Florence Daunis
La présence de ces enquêteurs est justifiée par plusieurs facteurs : « La victime est française, ACF est aussi une ONG française, de plus on a une troisième personne blessée qui est une française. […] ACF et la famille d'Agnès Dury ont toutes les deux porté plainte et au Burundi et en France », précise Forence Daunis, Directrice des opérations en charge du Burundi quand Agnès Dury a été tuée, en décembre 2007.

Selon elle, il est donc normal que la justice française s’implique davantage dans ce que plus d’un appelle désormais « l’affaire Agnès Dury ». Aussi, il n’est pas question de minimiser le travail de la justice burundaise, précise Florence Daunis: " […] le travail des enquêteurs tans burundais que français est de fermer les pistes petit à petit et se concentrer sur celles plus fiables et plus sérieuses."
C'est dans le soucis, précise-t-elle, de voir avancer l'enquête efficacement, "sur base de preuves solides et fiables, menant à l'indentification des personnes ayant organisé et commis ce crime."

Ainsi, le dossier devrait avancer rapidement pour mener à des conclusions définitives avant la fin de cette année. C'est ce que souhaite la défense à travers son avocat, Maître Raphaël Gahungu: " […] compte tenu de l'avancement de l'affaire, nous espérons que d'ici la fin de l'année, tous les éléments serons réunis pour qu'on puisse saisir les juridictions compétentes."
Pour le moment, la justice burundaise continue d’enquêter et son travail inspire de la confiance : « Le procureur général de Gitega qui a le dossier en mains continue à ficeler le dossier de plus en plus et nous avons la conviction qu'il est sur la bonne voie », s’est réjouit l’avocat de la défense.  

« Non à l’impunité »
Le 31 décembre 2007, Agnès Dury, une jeune française travaillant pour l’ONG Action contre la Faim (ACF) est assassinée à Ruyigi. Les enquêtes menées depuis par la police burundaise et par l’Ambassade de France au Burundi n’ont pas encore abouti. Des personnes ont été arrêtées, puis relâchées. Dix mois plus tard, la sœur de la victime, Séverine Dury, passe deux semaines au Burundi pour « voir et surtout ressentir ce pays qui a été celui de sa sœur pendant tout un semestre. » Un sentiment qui cachait mal sa ferme volonté de faire éclater la vérité : « Je me battrai pour que la justice honore sa mémoire par la condamnation de ceux qui lui ont ôté la vie. […]. Je ne lâcherai pas. « Impunité » n’est pas le mot qui s’accordera avec Agnès. Justice lui sera rendue, à elle, à moi, et à l’ensemble des membres de ma famille. »
Justice réveille-toi, chante Tiken Jah Facoly, artiste musicien ivoirien.


par Didier Bukuru


Source : Iwacu-burundi.org


Par la famille d'Agnès - Publié dans : Actualité
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