(Article publié par Iwacu Burundi)
Euphrasie Habonimana, une dame du quartier Gasanda à Ruyigi, connaîtrait le nom du propriétaire du
téléphone utilisé par les assassins d’Agnès Dury. Elle clame son innocence mais ne convainc pas le procureur général près la Cour d’Appel de Gitega.
«J'ai été arrêtée pour rien », déplore Euphrasie Habonimana une dame du quartier Gasanda de la province Ruyigi arrêtée par le
procureur général près la Cour d’Appel de Gitega, le 23 mars de cette année. Elle est accusée de connaître la personne qui est en possession d’un téléphone utilisé le jour du meurtre
d’Agnès Dury. L’Accusée reconnaît qu’une personne venue de la région de Kumoso lui a demandé si elle peut trouver un téléphone avec une carte SIM à vendre. Euphrasie Habonimana raconte qu’elle
échangeait souvent des marchandises avec cette personne comme les moustiquaires et l’huile de coton. « J’ai trouvé le téléphone et cette personne l’a acheté. » Elle affirme qu’elle a
utilisé ce même téléphone plus d’une fois pour contacter différentes personnes.
Le flou plane dans cette affaire…
Euphrasie Habonimana indique qu’elle n’a aucun élément pour identifier son client de Kumoso. Elle précise qu’ils avaient créé seulement un
climat de confiance depuis longtemps. Euphrasie rappelle que cette personne est revenue pour la deuxième fois chercher un autre téléphone et une carte SIM : « Cette fois-ci, j’ai refusé parce de
Ruyigi il était difficile d’avoir la carte SIM . Elle n’est jamais revenue. »
M. Edouard
Ndihokubwayo
Edouard Ndihokubwayo, procureur général près la Cour d’Appel de Gitega s’étonne : « Comment peut-on échanger des marchandises avec une personne sans savoir
son nom ? » En plus, selon Ndihokubwayo, cette dame ne pouvait pas utiliser plus d’une fois un téléphone de quelqu’un qu’elle ne connaît pas. Quant au climat de confiance évoqué par madame
Habonimana, le procureur général près la Cour d’Appel de Gitega fait savoir que cela se passe entre des gens qui se connaissent. Pour lui, cette dame a l’intérêt de donner le nom du client afin
que les enquêtes se poursuivent. Cependant, cette dernière persiste: « Je le connais de visage seulement. » Euphrasie Habonimana a été relâchée provisoirement par la Cour d’Appel de Gitega, le 7
avril. Elle va comparaître chaque mois.
Arrestations en cascades
« On nous emprisonne alors qu’il n’ y a pas d’éléments nouveaux», se lamentent Stany Mbaririnda et Gaspard Nkenshimana. Le premier était
chauffeur dans l’ONG Action Contre la Faim (ACF). Le second était chef de poste de la Police ad interim de Ruyigi. Ils racontent qu’ils sont de temps en temps arrêtés sans qu’il y ait un élément
nouveau. A titre d’exemple, ils ont été arrêtés aux mois de janvier, mars et août 2008 et en janvier de cette année. La Cour d’Appel de Gitega leur a donné la liberté provisoire en mars
dernier. Ils souhaitent la confrontation devant les juges afin qu’ils soient déclarés coupables ou blanchis, car disent-ils : « Nous sommes las de rester toujours dans la liberté provisoire. »
Pour ces deux hommes, les enquêtes devraient se focaliser dans le quartier Sanzu où l’incident s’est produit.
Le gouverneur de Ruyigi est soupçonné
D’autres habitants de Ruyigi, sous couvert d'anonymat, affirment que les enquêtes n’aboutiront jamais tant que le gouverneur de
Ruyigi, Moïse Bucumi n’est pas encore arrêté. Edouard Ndihokubwayo lui, signale qu’il se conforme à la loi dans ce qu’il fait. Il demande à ceux qui accusent le gouverneur de Ruyigi d’apporter
des éléments qui le prouvent afin de l’arrêter.
Pour Me Raphaël Gahungu, avocat de la famille d’Agnès Dury, la police aurait dû ceinturer les lieux du
meurtre le même jour : « Cela aurait facilité les enquêtes », poursuit-il. Cependant, il rappelle que l’instruction continue à la charge de toute personne susceptible d’avoir participé dans cet
assassinat. Me Raphaël Gahungu attend incessamment la venue d’une commission rogatoire. Elle est prévue dans le droit français quand son ressortissant a été tué dans un pays tiers- Celle-ci
viendra épauler le travail déjà fait par le procureur général près la Cour d’Appel de Gitega : « Elle va fouiller partout où la justice burundaise n’a pas touché. » Raphaël Gahungu indique que la
partie civile sera satisfaite quand les coupables seront identifiés, punis et répareront les dommages.
Agnès Dury, a été tuée à Ruyigi, dans la nuit du 31 décembre 2007. Cette jeune française travaillait dans l’ONG « Action Contre
la Faim ».
par Dieudonné Hakizimana
Source : Iwacu-burundi.org
Par la famille d'Agnès
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Publié dans : Actualité
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