(Article publié par Iwacu Burundi)
Dix mois viennent de s’écouler depuis l’assassinat d’Agnès Dury. Séverine Dury, la sœur de la victime vient de passer une semaine au Burundi. Selon elle, elle est venue pour « voir et
surtout ressentir ce pays qui a été celui de sa sœur pendant les six derniers mois de sa vie. » Elle reste prudente mais très déterminée. Iwacu l’a rencontrée.
IWACU : Quel est le sens que vous donnez à cette visite ? Séverine Dury : Dix mois après l’assassinat d’Agnès, il m’est apparu incontournable de venir au
Burundi. J’avais besoin de voir, de ressentir ce pays qui a été le sien pendant les six derniers mois de sa vie.
Pourquoi cette nécessité ?
En novembre de l’année passée, quand elle est revenue en France pour quelques jours, elle m’a montré combien
elle était heureuse, combien elle avait le sentiment d’avoir trouvé sa place au Burundi. Et pour la 1ère fois, elle avait émis une idée de fonder un foyer et d’avoir des enfants. Ce pays devait
être le point de départ d’un nouvel itinéraire dans la vie. Il ne devait pas être le point de son départ à elle. J’apprends à connaître le Burundi et à en cerner au fur et à mesure la complexité.
Pour autant je pense qu’ici aussi, la justice peut exister.
Et qu’avez-vous trouvé ?
Je suis allé à Ruyigi me recueillir quelques instants à l’endroit où elle a admiré le dernier coucher de
soleil de l’année 2007. Son dernier coucher de soleil. J’ai été aussi dans la rue de l’attaque, et j’ai été voir le véhicule qui a essuyé les tirs. Et si le tireur semble ne pas avoir visé,
l’intention meurtrière est explicite.
Quel est votre état d’esprit actuellement ?
Ma colère est immense et je refuse toute sorte de fatalité. Agnès occupait une place particulière dans mon
cœur, et à défaut de pouvoir encore entendre battre le sien, je me battrai pour que la justice honore sa mémoire par la condamnation de ceux qui lui ont ôté la vie. J’y consacrerai l’énergie
qu’il faudra, à la hauteur de l’amour que je lui porte. Je ne lâcherai pas. « Impunité » n’est pas le mot qui s’accordera avec Agnès. Justice lui sera rendue, à elle, à moi, et à
l’ensemble des membres de ma famille. J’y veillerai.
Au sujet de l’enquête, avez-vous l’impression que les choses avancent ?
Dans l’état actuel de l’avancée de deux procédures, burundaise et française, les choses progressent et
s’articulent. La coopération entre les autorités, les magistrats et les enquêteurs de nos deux pays est positive et constructive. Il est donc important que les efforts se poursuivent, mais
aussi que les moyens soient renforcés.
Des enquêteurs français seront bientôt à Bujumbura, quelles sont vos attentes ?
Nous souhaitons vivement que leur séjour leur permette d’effectuer toutes les investigations qu’ils
estimeront nécessaires. Cela exige qu’ils disposent d’un temps suffisant, ce qui ne sera rendu possible que par la volonté du ministère de la justice française.
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Agnès DURY, volontaire humanitaire, a été assassinée à Ruyigi au Burundi le 31 décembre 2007. Elle n'avait que 31 ans et un amour de la vie qui la portait vers les autres.