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L’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (OLUCOME) a décerné pour la première fois le prix « Ernest Manirumva, édition 2011 » à Innocent Vyarugaba. Il a reçu un chèque d’un million de francs burundais et un certificat de mérite, ce vendredi 16 décembre, au restaurant Ubuntu Résidence.
Selon Gabriel Rufyiri, président de l’OLUCOME, ce prix a pour objectif de valoriser toutes les personnes qui se donnent corps et âme pour l’indépendance de la justice. Ces cérémonies ont clôturé la neuvaine dédiée à la lutte contre la corruption et coïncident avec le neuvième anniversaire de l’OLUCOME, fondé en 2002.
D’après Sylvestre Ntibantunganya, président de la commission chargée de choisir le lauréat pour ce prix, des critères avaient été fixé par l’OLUCOME : « Le candidat devait provenir de la magistrature, y avoir exercé pendant au moins dix ans et s’être distingué pour sa probité et son engagement pour l’indépendance de la magistrature ».
Après une sélection parmi 12 candidats, Innocent Vyarugaba a été choisi pour avoir osé entreprendre des enquêtes jusqu’au plus emblématique des présumés responsables (Vital Bangirinama) dans l’affaire des assassinats de Muyinga de 2006 : « La commission a constaté que son audace combien nécessaire et salutaire lui a valu une mutation vers Rutana, le situant ainsi en position de dessaisie du dossier sur lequel il a enquêté ». Néanmoins, souligne-t-il, la suite des événements lui a donné raison et les responsables, y compris le principal (Vital Bangirinama), ont été finalement condamnés de lourdes peines par la justice burundaise.
Ce courage d’Innocent Vyarugaba rappelle, selon la commission, un autre fait inoubliable dans la quête de l’indépendance et de l’impartialité de la magistrature : « C’était en 1971 où feu Léonard Nduwayo, procureur à l’époque, a osé au nom de la loi et du droit d’acquitter des personnes accusées injustement d’un coup d’Etat. Alors que ses chefs hiérarchiques lui ordonnaient de réclamer la peine capitale pour les accusés, lui, a osé demander l’acquittement ».
Les lois sont pour l’indépendance de la magistrature
Pour Innocent Vyarugaba, c’est un grand honneur et une immense joie d’autant plus qu’il ne s’y attendait pas. Vu le temps qui sépare le verdict et le prix, cela montre, d’après lui, que chaque geste d’un individu compte. Il souligne qu’en matière judiciaire, les lois sont claires : « Il faut tout simplement lire la loi et l’appliquer sans considérations. S’il y a des injonctions de la part des autorités hiérarchiques, il faut dénoncer ». Pour lui, la première indépendance est interne. « Ce n’est que la conscience et les lois qui devraient être la référence en matière de justice. » Il a remercié la société civile qui commence à mettre en avant les valeurs comme la défense de la vérité. Il lance un appel aux magistrats d’interroger seulement la loi, la conscience et de ne pas se référer aux injonctions extérieures dans le traitement des dossiers. (sic)
Par Rénovat Ndabashinze
Source (et suite de l'article) : IWACU
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