Communiqués

Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 13:00

Quatre ans après l’assassinat d’Agnès Dury, humanitaire engagée auprès d’Action contre la Faim au Burundi, les circonstances de ce drame et ses raisons ne sont toujours pas élucidées ; les procédures s’enlisent.

Fin novembre 2011, la visite au Burundi de François Danel, Directeur général d'ACF, et de Séverine, la sœur d'Agnès Dury, a permis de réaffirmer la volonté des parties civiles de voir aboutir cette procédure. Au-delà, est-ce que cela a permis de faire avancer le dossier ?

 

Reportage réalisé par Géraud Burin des Roziers pour Ligne de Front


Enquête burundaise : Deviendra-t-elle impartiale ?

La récente reprise du dossier par le Substitut général près de la Cour Suprême, Nicodème Gahimbare, après plus de 2,5 ans d’absolue inertie, fait l’objet de beaucoup d’attentes des parties civiles. Il s’est notamment engagé à investir l’ensemble des pistes, y compris celle de l’attaque des policiers français en septembre 2010, et à mener une enquête sur les importants dysfonctionnements observés dès janvier 2008 et pendant les mois qui ont suivi. Il est crucial que la justice burundaise puisse faire un travail impartial, objectif et professionnel, tout en tenant compte des éléments de la procédure française, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. Sinon, il est à craindre que le Subsitut général se fourvoie et perde encore du temps.

 

La démonstration d’une volonté toujours en attente côté français

La Juge d’instruction, Pascale Sappey-Guesdon, ne propose toujours pas de stratégie d’enquête. Aussi, les parties civiles attendent de voir à l’œuvre le nouveau Procureur du tribunal de Mâcon, Karine Malara, dont le soutien effectif est attendu, le parquet ayant en effet brillé par son absence pendant ces 4 années de procédure. Rencontrée pour la première fois fin novembre par les parties civiles, elle a semblé montrer un intérêt pour le dossier.

 

Les parties civiles continueront de faire pression pour que la vérité soit faite sur ce crime odieux 

Elles en appellent toujours à l’affichage d’une volonté politique manifeste au Burundi et en France. Le silence des deux Etats sur cette affaire a pour incidence d’avoir cautionné pendant 4 ans la défaillance des deux procédures sous prétexte de laisser les opérateurs techniques « faire leur travail ». Il est temps que les gouvernants affirment publiquement que la vérité doit être trouvée sur l’assassinat d’Agnès Dury.

 

De retour du Burundi, Séverine Dury déclare : « Concrètement, notre déplacement sur place a permis de récupérer les balles et ainsi réparer cette énorme erreur judiciaire française. Pour le reste, on attend de voir ce qui se passe au-delà des déclarations d’intention... Nous allons continuer de suivre de près les deux procédures. Ainsi, je compte retourner au Burundi au printemps prochain et pas seulement pour poser la stèle à Ruyigi à la mémoire d’Agnès ».

 

Source : Acf
 
Par la famille d'Agnès - Publié dans : Communiqués
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 15:29

 

Le 31 décembre 2007, Agnès Dury était assassinée à Ruyigi au Burundi suite à une attaque à main armée contre un véhicule d’ACF. Aujourd'hui après près de 4 ans d'instruction, les deux enquêtes, française et burundaise, semblent dans une impasse. Les circonstances de ce drame et ses raisons ne sont toujours pas élucidées.

 

Les parties civiles -la famille d'Agnès Dury, Aude Staine et Action contre la Faim- déplorent des retards injustifiés, des approximations et l'absence de réactivité et d'initiative tant de la procédure française que burundaise jusqu’à présent. La gravité de ces faits, perpétrés à l'encontre d'humanitaires, impose que toutes les investigations soient menées afin de faire toute la lumière sur ce drame.

 

La visite au Burundi de François Danel, Directeur général d'ACF et de Séverine, la sœur d'Agnès Dury, a pour double objectif :

- de rendre hommage à la victime, 4 ans après les faits, en retournant sur place pour organiser la construction d’une stèle  à Ruyigi en vue de la pose d’une plaque à la mémoire d’Agnès ;

- de redemander urgemment, tant à l’Etat burundais qu’à l’Etat français, qu’une instruction volontaire et efficace soit conduite.

 

Une enquête burundaise partiale

Les parties civiles sont toujours dans l’attente de voir l’enquête burundaise conduite avec sérieux et construite sur la base de preuves solides et fiables, et qui mène à l’identification des personnes ayant organisé et commis ce crime. Elles souhaitent connaître les raisons ayant menées à un tel attentat. De nombreux éléments ont démontré l’empressement des autorités à clore ce dossier alors que les éléments portés au dossier sont excessivement faibles. La récente reprise du dossier par le Substitut général près de la Cour Suprême, Nicodème Gahimbare, est un élément encourageant. Il s’est notamment engagé auprès de François Danel et de Séverine Dury à investiguer l’ensemble les pistes ainsi qu’à mener une enquête en toute objectivité sur les dysfonctionnements observés dans la conduite de la procédure burundaise pendant ses 15 mois d’existence entre janvier 2008 et avril 2009.

 

Une procédure française qui excelle par son manque d’exemplarité

Du côté français, si l’information judiciaire a été conduite très efficacement lors des premiers mois, l’inertie du juge d’instruction et des lenteurs incompréhensibles ont gravement entaché la recherche de la vérité depuis lors. De plus, une double erreur judiciaire a été commise en 2011 rendant impossible l’expertise de l’arme saisie, et potentiellement de toutes les autres.

Les parties civiles considèrent que les autorités françaises ne se sont pas données les moyens de parvenir à une collaboration satisfaisante avec la justice burundaise. Les parties civiles ont dû contourner cette difficulté en mettant en place une collaboration renforcée avec l’ambassade de France au Burundi qui assure un excellent suivi technique du dossier. Néanmoins, cela ne saurait remplacer la nécessaire collaboration entre la justice française et la justice burundaise.

 

Les parties civiles demandent donc une totale implication dans le dossier et une volonté politique véritable pour que la vérité soit faite sur ce crime odieux.

 

Source : Acf

 

Cliquez sur ce lien pour consulter en détail l'état des lieux de deux procédures, française et burundaise.

 

 

 


Par la famille d'Agnès - Publié dans : Communiqués
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