Justice et démocratie : nous aussi voulons y croire !

COMMUNIQUE DE PRESSE - 10 février 2008

Madame la ministre de la Justice française Rachida DATI et Monsieur le Ministre de la Justice burundaise
Jean Bosco NDIKUMANA, nous vous proposons un cas pratique pour vos travaux lors de la IVe Conférence des ministres francophones de la Justice qui se déroulera ces 13 et 14 février à Paris.

Agnès a été assassinée le 31 décembre dernier, à Ruyigi au Burundi, où elle était en mission humanitaire avec l'ONG Action Contre la Faim.
Une instruction criminelle a été ouverte le 4 janvier à Mâcon en Saône-et-Loire d'où elle était originaire.
Depuis, une commission rogatoire est en cours : les auditions des 2 jeunes femmes expatriées Acf présentes au moment des faits (dont Aude, touchée elle aussi), de représentants Acf, des membres de la famille d'Agnès ont été effectuées.
Le corps d'Agnès a été autopsié le 7 janvier et une balle a été trouvée.
Une instruction est aussi en cours au Burundi.

Mais :

L'absence de coopération entre les justices française et burundaise inhibe l'enquête :
- la balle est en France mais les armes sont au Burundi.
- d'autres pièces à conviction (véhicule criblé de balles, douilles, etc...) attendent au Burundi mais aucun expert n'est encore nommé en France à ce jour (une demande diplomatique de l'Etat Burundais pour une entraide en matière d'expertise balistique est toujours à l'étude au Quai d'Orsay).
- les témoins/victimes burundaises ont été entendues exclusivement au Burundi et les témoins/victimes françaises ont été entendues exclusivement en France, sans lien entre les instructions, alors que toutes ces personnes étaient dans le même véhicule, au même moment : toutes ont essuyé les tirs le 31 décembre dernier à Ruyigi.
- une commission rogatoire internationale est en instance : la justice française n'a connaissance d'aucun élément du dossier burundais (et inversement) alors que des personnes ont été interrogées dès le 2 janvier puis arrêtées et que des armes ont été saisies au Burundi.

Madame et Monsieur les ministres de la Justice, au nom de la démocratie, ne laissez pas Agnès se faire assassiner une seconde fois : faites de sorte qu'une justice transparente, efficace, rapide, équitable et digne soit rendue.
Nous sommes convaincus que le peuple burundais a tout autant besoin de la vérité que nous, famille d'Agnès.


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